L’achat québécois, une valeur stratégique pour les entreprises

L’achat québécois, une valeur stratégique pour les entreprises

Approvisionnement et ventes

L’achat québécois, une valeur stratégique pour les entreprises

Par Yves Therrien, collaboration spéciale

 

La valeur de l’achat québécois dans la chaîne d’approvisionnement rapporte des bénéfices non seulement aux entreprises, mais aussi à l’ensemble de l’économie québécoise. Cela se traduira par la création de nouveaux emplois, par moins de dépendance face à l’importation, par une augmentation des possibilités de contrats dans les appels d’offres publics locaux et même par une amélioration des possibilités d’exportation. C’est ce qui se dégage du comité de travail organisé par Alliance Polymère Québec, le mercredi 12 mai en présence d’entrepreneurs, de la ministre déléguée à l’Économie, Mme Lucie Lecours, avec le conférencier invité M. Stéphane Drouin, entrepreneur en résidence chez Investissement Québec (IQ).

La pandémie, les désaccords commerciaux avec certains pays, des incidents comme le blocage accidentel du canal de Suez, les menaces de grèves dans les ports, les tempêtes ont démontré les faiblesses et les risques de la chaîne d’approvisionnement basée essentiellement sur les fournisseurs à l’international. Plusieurs événements ont secoué de nombreuses entreprises qui n’avaient pas de plan de gestion des risques pour leurs approvisionnements.

Mme Lucie Lecours
Députée de Les Plaines
Ministre déléguée à l’Économie
Source photo: lucielecours.com

Le gouvernement appuiera « les entreprises qui veulent faire le pari de l’achat québécois », indiquait d’entrée de jeu la ministre Lucie Lecours. « Le gouvernement a annoncé 40 millions de dollars sur deux ans pour augmenter la proportion de produits québécois dans la chaîne d’approvisionnement de nos entreprises au Québec, précise-t-elle. Le plan d’action de la relance des exportations prévoit un volet pour renforcer la capacité des PME à commercialiser leurs produits sur le marché québécois comme un premier pas vers l’exportation. »

En même temps, la ministre croit aussi que ces initiatives faciliteront la participation aux appels d’offres locaux tout en ayant un impact positif sur la balance commerciale.

DES OCCASIONS D’AFFAIRES

De son côté, M. Stéphane Drouin affirme que la valeur de l’achat québécois peut devenir un élément stratégique dans les chaînes d’approvisionnement des entreprises québécoises. « Il y a certainement de belles occasions d’achat local dans l’industrie du polymère autant dans vos fournitures que dans vos capacités de sécuriser la chaîne d’approvisionnement au Québec. Si vous trouvez des possibilités dans ce sens, je veux travailler avec vous et avec l’aide des équipes d’Investissement Québec », explique-t-il.

Chaque projet et chaque million de dollars que les entreprises ramènent en production locale au Québec, chaque entreprise qui devient une meilleure exportatrice, tout cela influence positivement l’économie québécoise, ajoute M. Drouin. Le plan d’action d’IQ vise à ramener de la production dans les entreprises québécoises et ramener des usines dans la province. En même temps, il s’agit de faciliter les maillages et la recherche de fournisseurs locaux dans les secteurs en priorité comme le manufacturier, les nouvelles technologies, le transport électrique et l’aérospatiale entre autres.

Parmi les outils qui seront mis en place, il souligne une campagne de marketing incluant des témoignages et les belles réalisations des entreprises pour les faire rayonner sur les marchés. En même temps, IQ est en train de créer un microsite internet comme un point central du projet d’achat local : un outil de calcul du vrai coût des importations ; une plateforme de recherches des fournisseurs pour aider les entreprises à faire des maillages, notamment avec les outils du CRIQ (www.criq.qc.ca) et en collaboration les organismes sectoriels comme Alliance Polymères Québec ; une plateforme d’engagement à l’achat québécois où les entreprises rendent visibles leurs différents engagements.

AUGMENTATION DES COÛTS

M. Drouin note aussi que les avantages basés sur les coûts des produits importés ont diminué sensiblement à cause de l’augmentation des frais de transport, de la main-d’œuvre qui exige de meilleurs salaires, des dépenses de logistique et des tarifs douaniers.

Citant le «Reshoring initiative» (reshorenow.org) aux États-Unis, il ajoute que 20 % des coûts sont non évalués pour avoir le véritable prix du produit importé. Investissement Québec lancera en juillet un outil similaire à celui de « Reshoring initiative » couvrant de 30 à 35 paramètres pour une vingtaine de pays d’importions afin de donner la juste mesure du coût du produit importé au Québec. L’analyse rigoureuse des coûts, rappelle-t-il, permet d’évaluer des options plus avantageuses avec un fournisseur local. En regardant ce qui est disponible au Québec tant du côté des produits et des fournisseurs que de la technologie et de l’innovation, en bâtissant un réseau de proximité, les entreprises pourront sécuriser leur chaîne d’approvisionnement, même ramener plus de production au Québec.

FAIT AU QUÉBEC

L’achat québécois permet de développer l’autonomie et la résilience, soutient-il. « Cela réduit les risques, ça génère des avantages stratégiques et une agilité opérationnelle avec la proximité des produits. Il y aura une réduction des pertes de temps, un meilleur contrôle de qualité et de livraison. Il y a moins de risque pour la réputation à cause des retards dus à l’importation. Tout cela favorise le développement de la main-d’œuvre locale, stimule la recherche et l’innovation. » Car le « fait au Québec » est attirant pour les clients, note-t-il. Il affirme que les mesures d’achat local ont des avantages indéniables pour la croissance des entreprises et l’économie québécoise. Il rappelle que lui et les équipes d’Investissement Québec sont là pour aider les entrepreneurs à développer des partenariats locaux tout en favorisant l’innovation. Pour plusieurs participants, l’idée de l’achat québécois fait beaucoup sens. Cependant, les besoins de main-d’œuvre chez certaines entreprises sont aussi très préoccupants. L’automatisation et la robotisation semblent être une solution à l’augmentation de la productivité.

La ministre Lucie Lecours ajoute qu’elle travaille en collaboration avec le ministère du Travail qui a ouvert plusieurs chantiers pour trouver une solution au problème de l’emploi. Le gouvernement a ciblé des créneaux d’activité et ouvert des programmes de requalification pour l’embauche de la main-d’œuvre.

Alliance Polymères Québec

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